Prévention du choléra au Sénégal : les gestes essentiels en saison des pluies

Le choléra revient régulièrement au Sénégal, surtout pendant et après la saison des pluies. C’est une infection intestinale grave, mais entièrement évitable par des gestes simples : boire de l’eau sûre, se laver les mains, préparer les aliments proprement. Ce guide donne les repères clairs pour se protéger, reconnaître les signes précoces et agir sans délai.

1. Comprendre le choléra en 2 minutes

Le choléra est une maladie causée par une bactérie appelée Vibrio cholerae. Elle se transmet en avalant de l’eau ou des aliments contaminés par les selles d’une personne infectée. Le principal danger n’est pas la bactérie elle-même mais la diarrhée massive et la déshydratation qu’elle provoque : sans traitement, on peut perdre plusieurs litres d’eau en quelques heures et mourir en moins d’une journée.

La bonne nouvelle : bien pris à temps, le choléra se soigne très bien. Le traitement principal est la réhydratation (sels de réhydratation orale ou SRO, ou perfusion en cas de forme sévère). Dès les premiers symptômes, il faut se rendre en poste de santé sans attendre.

2. Pourquoi le choléra refait surface au Sénégal

  • Inondations et débordements : les eaux usées se mélangent aux eaux de consommation dans les quartiers non assainis.
  • Accès inégal à l’eau potable : dans certaines zones périurbaines de Dakar et dans plusieurs régions, l’eau du robinet est intermittente.
  • Assainissement insuffisant : latrines à fosse mal étanches, ordures qui contaminent les puits.
  • Marchés animés : concentrations humaines, aliments préparés à l’extérieur, glaces vendues à la sauvette.
  • Grands rassemblements religieux pouvant accélérer la diffusion.

Le MSAS et l’OMS Bureau Afrique surveillent en permanence les cas et déclenchent des campagnes de vaccination et de désinfection dès qu’une flambée est confirmée.

3. Reconnaître les symptômes très vite

Le choléra commence brusquement, souvent 12 heures à 5 jours après la contamination :

  • Diarrhée aqueuse abondante, indolore, ressemblant à de « l’eau de riz »
  • Vomissements souvent violents
  • Crampes musculaires
  • Soif intense, bouche sèche
  • Yeux enfoncés, peau qui « ne rebondit plus »
  • Voix rauque, faiblesse extrême, chez l’enfant : somnolence anormale

Chez le jeune enfant et la personne âgée, l’aggravation peut être très rapide (quelques heures).

4. Les gestes de prévention au quotidien

Sécuriser l’eau de boisson

  • Privilégier l’eau du robinet SONES/SDE traitée quand disponible.
  • En période d’alerte ou de coupure, faire bouillir l’eau 3 minutes.
  • Sinon, utiliser des comprimés d’eau de Javel ou purificateurs distribués.
  • Conserver dans un récipient fermé, propre, servir avec une louche à long manche.
  • Éviter les glaces vendues dans la rue et jus glacés d’origine inconnue.

Aliments : bien cuire, bien peler

  • Cuire les aliments à cœur, en particulier poisson, fruits de mer, viandes.
  • Consommer les repas chauds sans attendre.
  • Peler les fruits soi-même juste avant de les manger.
  • Éviter les crudités lavées à l’eau non sûre.
  • Se méfier des plats de rue mal réchauffés.

Lavage des mains — le geste central

Le lavage à l’eau et au savon, avant chaque repas, après les toilettes, après avoir changé un bébé, au retour du marché. Au moins 20 secondes, en insistant entre les doigts et sous les ongles.

Assainissement et gestion des déchets

  • Utiliser des toilettes couvertes, jamais la brousse.
  • Éviter la défécation à l’air libre près des points d’eau.
  • Évacuer les déchets ménagers en sacs fermés.
  • Signaler à l’ONAS toute fuite d’égout.

5. Que faire en cas de suspicion

  • Commencer immédiatement une réhydratation orale avec des sels de réhydratation orale (SRO). Un sachet dans un litre d’eau propre, à boire par petites gorgées.
  • Se rendre sans délai au poste de santé le plus proche.
  • Isoler le malade autant que possible.
  • Désinfecter les surfaces souillées avec de l’eau javellisée.
  • Alerter les autres membres du foyer.
  • En cas d’épidémie déclarée, respecter les instructions officielles du MSAS.

6. Ce qu’il ne faut PAS faire

  • Anti-diarrhéiques du commerce (imodium, lopéramide) : ils aggravent la maladie.
  • Automédication antibiotique : seul un médecin décide.
  • Attendre que « ça passe » : la déshydratation peut tuer un enfant en quelques heures.
  • Utiliser l’eau non sûre pour rincer la vaisselle des malades.
  • Cacher un cas suspect.

Pour aller plus loin

Sources scientifiques

Foire aux questions — Choléra

Comment savoir si l’eau du robinet est sûre à boire au Sénégal ?

L’eau distribuée par la SONES/SDE dans les grandes villes est traitée et potable en règle générale. En cas d’alerte, de coupure prolongée ou de reprise après coupure, il est recommandé de la faire bouillir 3 minutes ou d’utiliser un produit de désinfection. Dans les zones sans branchement direct, préférer les bornes-fontaines officielles.

Existe-t-il un vaccin contre le choléra ?

Oui. L’OMS a validé plusieurs vaccins oraux qui offrent une protection élevée pendant 2 à 3 ans. Ils sont utilisés en réponse aux épidémies via des campagnes ciblées organisées par le MSAS. La prévention par l’eau et l’hygiène reste la première ligne pour toute la population.

Combien de temps peut-on vivre sans traitement en cas de choléra ?

Dans les formes sévères, la déshydratation peut être mortelle en 12 à 24 heures. C’est pourquoi le premier geste vital est la réhydratation orale dès les premiers symptômes, en attendant le poste de santé. Traité à temps, le choléra a un taux de survie supérieur à 99 %.

Le choléra se transmet-il d’humain à humain directement ?

Non, pas directement par contact ni par les gouttelettes respiratoires. La transmission passe par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les selles d’une personne infectée. L’hygiène des mains, la sécurité de l’eau et l’assainissement sont les trois leviers principaux de prévention.

Avertissement médical. Cet article est proposé à titre informatif par la Rédaction Santé Éclair. Il ne remplace pas une consultation médicale. En cas de diarrhée aqueuse abondante, de vomissements répétés, de signes de déshydratation, commencez immédiatement une réhydratation orale et rendez-vous au poste de santé ou aux urgences. En urgence, appelez le 1515 (SAMU à Dakar).